{"id":14211,"date":"2025-01-21T12:47:43","date_gmt":"2025-01-21T11:47:43","guid":{"rendered":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/?p=14211"},"modified":"2025-01-22T22:21:33","modified_gmt":"2025-01-22T21:21:33","slug":"la-triade-donabedienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/die-donabedian-triade\/","title":{"rendered":"La triade donabedienne"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-heading\">Contribution de Donabedian<\/h2>\n\n\n\n<p>Donabedian a \u00e9crit plus de 100 articles et 7 livres sur l'assurance qualit\u00e9 en m\u00e9decine. Ses contributions vont bien au-del\u00e0 du concept de la triade qualit\u00e9 de la structure, du processus et des r\u00e9sultats. Il s'est int\u00e9ress\u00e9 de pr\u00e8s \u00e0 l'\u00e9pid\u00e9miologie des besoins des patients, \u00e0 l'importance d'une assurance compl\u00e8te contre les cons\u00e9quences de la maladie, \u00e0 la relation entre les co\u00fbts et la qualit\u00e9 et \u00e0 la surveillance de la prestation de services.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de ses nombreuses ann\u00e9es de carri\u00e8re scientifique, Donabedian a adapt\u00e9 sa nomenclature aux priorit\u00e9s de son travail. Plus tard, il n'a pratiquement plus parl\u00e9 de la fameuse triade, mais a cherch\u00e9 les attributs incontournables d'une bonne m\u00e9decine. Il a identifi\u00e9 sept attributs, qu'il appelle \"piliers\", sur lesquels doivent reposer \u00e0 la fois la qualit\u00e9 de la m\u00e9decine individuelle et les soins de sant\u00e9 au niveau de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>la fin de sa vie, Donabedian regrettait de n'\u00eatre devenu c\u00e9l\u00e8bre que pour son \"paradigme structure-processus-r\u00e9sultat\". Il a lui-m\u00eame avou\u00e9 que la triade ne r\u00e9pondait pas \u00e0 tous les besoins d'\u00e9valuation (<a href=\"#Schiff\">BATEAU <\/a>2001).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa publication classique <a href=\"#Donabedian\">DONABEDIAN<\/a> En 1966, il examine la question de savoir comment il faut comprendre la qualit\u00e9. Il ne s'agit pas d'un probl\u00e8me philosophique, mais d'une condition pr\u00e9alable \u00e0 une \u00e9valuation objective. Tant qu'une accumulation de jugements de valeur sur certains aspects, caract\u00e9ristiques et contenus des soins m\u00e9dicaux est consid\u00e9r\u00e9e comme \"qualit\u00e9\", elle ne reste rien de plus que ce que chaque individu se repr\u00e9sente sous ce terme. Pour une \u00e9tude scientifique et empirique, il faut r\u00e9duire la multitude de dimensions et de crit\u00e8res possibles, prouver leur l\u00e9gitimit\u00e9 et \u00e9tudier leur mesurabilit\u00e9. Celui qui veut \"payer pour la performance\", orienter une planification nationale sur des indicateurs ou \u00e9tablir un classement, doit atteindre une telle objectivit\u00e9 - au plus tard si l'\u00e9valuation doit \u00eatre valable devant un tribunal.<\/p>\n\n\n\n<p>Donabedian a propos\u00e9 de d\u00e9terminer d'abord ce qui doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 : 1. les r\u00e9sultats (outcome), qui r\u00e9sultent 2. des processus (process) du traitement et 3. la structure (structure) disponible pour les processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Il voit tr\u00e8s clairement les limites d'une \u00e9valuation des r\u00e9sultats d'une \"bonne m\u00e9decine\" et arrive rapidement \u00e0 la conclusion que les r\u00e9sultats ne parlent pas d'eux-m\u00eames. Les r\u00e9sultats doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s avec une grande prudence. Il ne les rejette pas comme \u00e9tant inappropri\u00e9s, mais les consid\u00e8re comme un indicateur important de la caract\u00e9ristique du processus \"efficacit\u00e9\". Il ne connaissait pas encore la discussion sur les essais cliniques en tant qu'outil d'\u00e9tude de la caract\u00e9ristique \"efficacit\u00e9\", telle qu'elle nous est aujourd'hui famili\u00e8re sous le nom de \"m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves\".<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus de traitement lui semble plus important pour la question d'une m\u00e9decine correctement pratiqu\u00e9e. Il fait la distinction entre le processus \"en soi\" (the process itself) dans la mesure o\u00f9 il est connu comme \"bon\" et la capacit\u00e9 technique lors de l'ex\u00e9cution (performance). Le traitement m\u00e9dical peut alors \u00eatre \u00e9valu\u00e9 sur la base des caract\u00e9ristiques suivantes : ad\u00e9quation (appropriateness), exhaustivit\u00e9 (completeness), exc\u00e8s d'informations (redundancy), comp\u00e9tence technique (competence), coordination (coordination) et continuit\u00e9 (continuity). Ici, il ajoute d\u00e9j\u00e0 la caract\u00e9ristique qu'il ne cessera de rappeler par la suite : l'acceptabilit\u00e9 (acceptability) pour le destinataire de la prestation. Malheureusement, le concept d'acceptabilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9 jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent par nombre de ses successeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les processus de traitement ne peuvent toutefois \u00eatre mis en \u0153uvre que si les ressources n\u00e9cessaires sont disponibles : des locaux ad\u00e9quats, des appareils, du personnel qualifi\u00e9, un processus organisationnel, une structure administrative et une dotation financi\u00e8re suffisante. Sans structure ad\u00e9quate, pas de bons processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Donabedian adapte les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes d'\u00e9valuation de son \u00e9poque (1966) \u00e0 ce sch\u00e9ma. Il \u00e9value leur efficacit\u00e9 en fonction de la mesure dans laquelle elles permettent des jugements fond\u00e9s. Le r\u00e9sultat de son \u00e9tude n'est pas particuli\u00e8rement encourageant - mais n'oublions pas que l'on en \u00e9tait encore au d\u00e9but de l'assurance qualit\u00e9 dans les soins de sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n'y a qu'une chose qu'il ne voulait certainement pas : il ne voulait pas distinguer trois types de qualit\u00e9 qui pourraient \u00eatre d\u00e9finis et \u00e9valu\u00e9s chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Son scepticisme \u00e0 l'\u00e9gard des enthousiastes d'une qualit\u00e9 de r\u00e9sultat plaide contre cette id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le concept de \"qualit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui tentent de d\u00e9finir la qualit\u00e9 en termes de \"bon \u00e9tat\". Pour ce faire, ils \u00e9num\u00e8rent quelques caract\u00e9ristiques du traitement m\u00e9dical qui, selon eux, en font partie. Les politiques et les caisses d'assurance maladie ne fixent pas les m\u00eames priorit\u00e9s que les fournisseurs de prestations ou les patients. Leurs descriptions sont vagues : \"...doit \u00eatre orient\u00e9 vers le bien-\u00eatre du patient\", \"...doit \u00eatre global, humain ou empathique\" ou \"suffisant, appropri\u00e9 et \u00e9conomique\".<\/p>\n\n\n\n<p>D'autres \u00e9tablissent un ensemble d'exigences pr\u00e9cises en mati\u00e8re d'\u00e9quipement, de qualification et d'\u00e9tendue des prestations, qui doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme la norme d'une bonne m\u00e9decine. Certains estiment que ces exigences sont insuffisantes, d'autres les consid\u00e8rent comme excessives. Il est rare de parvenir \u00e0 un consensus sur le catalogue. Ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme de la qualit\u00e9 d\u00e9pend en effet de l'environnement respectif. Toutes les exigences doivent \u00eatre diff\u00e9renci\u00e9es en fonction des besoins respectifs - il n'existe pas \"une\" qualit\u00e9. La qualit\u00e9 n'est pas un \u00e9tat id\u00e9al, mais r\u00e9sulte des exigences qui sont pos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui pensent pouvoir reconna\u00eetre le bien d'une mani\u00e8re ou d'une autre s'accrochent \u00e0 une compr\u00e9hension intuitive de la qualit\u00e9. Ils per\u00e7oivent les caract\u00e9ristiques qui en font partie et la mani\u00e8re dont elles se rapportent les unes aux autres comme un tout. De nombreux profanes sont d'accord avec cette id\u00e9e et s'y rallient spontan\u00e9ment, sans se rendre compte qu'ils veulent dire autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n'est pas possible de fonder une \u00e9valuation scientifiquement fond\u00e9e sur cette base. La qualit\u00e9 n'est pas un tout, mais un ensemble de caract\u00e9ristiques qui vont de pair, mais qui doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es selon des m\u00e9thodes diff\u00e9rentes. Les caract\u00e9ristiques s'influencent mutuellement, mais ne sont pas \u00e9quivalentes.<\/p>\n\n\n\n<p>La pond\u00e9ration des caract\u00e9ristiques n'est pas la m\u00eame dans toutes les situations. Parfois, l'efficacit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme extr\u00eamement importante, parfois l'exigence de s\u00e9curit\u00e9 passe apr\u00e8s celle d'une meilleure acceptabilit\u00e9 (ici peut-\u00eatre la proximit\u00e9 du domicile). Les exigences varient selon les situations et les personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui, la qualit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme le degr\u00e9 auquel un ensemble de caract\u00e9ristiques d'un objet r\u00e9pond \u00e0 des exigences (<a href=\"#DIN9000\">DIN EN ISO 9000:2015<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quel est l'objet de la r\u00e9flexion ? Peut-on consid\u00e9rer s\u00e9par\u00e9ment les structures, les processus et les r\u00e9sultats ? C'est l\u00e0 que la triade n'a pas fait ses preuves. Pire : la confusion n'a fait qu'augmenter en s'accrochant \u00e0 ce sch\u00e9matisme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qualit\u00e9 de la structure<\/h2>\n\n\n\n<p>La raison pour laquelle la \"qualit\u00e9 structurelle\" ne peut pas \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e pour elle-m\u00eame est la plus simple \u00e0 expliquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelles sont les exigences d'une structure sur lesquelles on pourrait se mettre d'accord ? Des id\u00e9es claires ont par exemple \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour la structure des centres d'urgence (<a href=\"#Riessen\">RIESSEN 2014<\/a>). Pour l'organisation des centres d'urgence, il est notamment exig\u00e9 qu'ils soient \u00e9troitement li\u00e9s aux h\u00f4pitaux et au service d'urgence des caisses d'assurance maladie. De nombreux d\u00e9tails sont exig\u00e9s de mani\u00e8re tr\u00e8s concr\u00e8te, par exemple que l'\u00e9valuation et les soins initiaux soient dispens\u00e9s par des m\u00e9decins et des infirmiers form\u00e9s \u00e0 la m\u00e9decine d'urgence et qui, le cas \u00e9ch\u00e9ant, font appel aux sp\u00e9cialistes correspondants en fonction de la situation. Ils doivent disposer 24 heures sur 24 des proc\u00e9dures diagnostiques pertinentes pour la m\u00e9decine d'urgence (p. ex. laboratoire d'urgence, ECG, \u00e9chographie\/\u00e9chocardiographie, radiographie, tomodensitom\u00e9trie). Ils doivent \u00eatre dot\u00e9s d'un service d'admission d'urgence pour les patients de courte dur\u00e9e, permettant une observation hospitali\u00e8re \u00e0 court terme sans autre diagnostic ou traitement important. Je n'\u00e9num\u00e8re pas toutes les exigences individuelles, mais j'ajoute le souhait de disposer de salles de soins dans lesquelles les patients puissent \u00eatre trait\u00e9s en toute discr\u00e9tion.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela correspondrait \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 ce que l'on appelle la \"qualit\u00e9 structurelle\".<\/p>\n\n\n\n<p>Mais sur quoi s'orientent les exigences ? Les centres d'urgence sont class\u00e9s en trois cat\u00e9gories : Leur \u00e9quipement d\u00e9pend des processus qui s'y d\u00e9roulent. On exige toujours la \"qualit\u00e9 structurelle\" n\u00e9cessaire aux processus de traitement. La structure des urgences d'un h\u00f4pital de district est diff\u00e9rente de celle d'une clinique universitaire et certainement diff\u00e9rente de celle d'une clinique psychiatrique. Il n'existe pas de \"qualit\u00e9 structurelle\" abstraite valable pour tous.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l'on consid\u00e8re les processus de traitement, la \"qualit\u00e9 structurelle\" intervient en tant que \"ressource des processus\" : pour chaque processus, nous pouvons (et devons) indiquer ce dont nous avons besoin pour le r\u00e9aliser. Des locaux, des appareils, du mat\u00e9riel, du personnel suffisant et qualifi\u00e9 et la surveillance de la ma\u00eetrise des processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que l'on appelle \"qualit\u00e9 structurelle\" d\u00e9coule exclusivement des processus. Moins conduit \u00e0 des perturbations du processus, plus est une d\u00e9coration, un luxe ou un gaspillage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les processus de traitement n\u00e9cessitent des ressources. La qualit\u00e9 structurelle en elle-m\u00eame en dit tr\u00e8s peu sur la qualit\u00e9 de la m\u00e9decine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qualit\u00e9 des r\u00e9sultats<\/h2>\n\n\n\n<p>Il est plus difficile de comprendre pourquoi nous ne devrions pas parler de la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le profane, cela semble tellement plausible : la meilleure fa\u00e7on de savoir si un traitement est bon ou mauvais est de regarder ses r\u00e9sultats. Si les patients se r\u00e9tablissent, c'est bien, sinon, c'est mal. Chacun peut voir par lui-m\u00eame s'il a \u00e9t\u00e9 bien trait\u00e9 en fonction du r\u00e9sultat. Celui qui gu\u00e9rit a raison. Le monde entier semble obs\u00e9d\u00e9 par ce raisonnement erron\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce faisant, on ne sait absolument pas ce qu'est r\u00e9ellement un r\u00e9sultat.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart du temps, on n'arrive m\u00eame pas \u00e0 se mettre d'accord sur le moment o\u00f9 le r\u00e9sultat s'est produit : l'\u00e9tat de sant\u00e9 dans lequel on quitte l'h\u00f4pital ? Ou que l'on \u00e9ternue encore quatre semaines plus tard ? Souvent, ce n'est que dans un avenir lointain que l'on peut d\u00e9terminer si le r\u00e9sultat souhait\u00e9 a \u00e9t\u00e9 atteint : le patient a-t-il \"vaincu\" son cancer ? Dans quelle mesure le traitement lui a-t-il permis de prolonger sa vie ? Quel est le r\u00e9sultat final d\u00e9cisif ? Qu'est-ce qui n'est qu'un r\u00e9sultat interm\u00e9diaire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le traitement antihypertenseur est cens\u00e9 prot\u00e9ger contre les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux - mais la protection ne se mesure pas au cas par cas, mais uniquement \u00e0 la probabilit\u00e9 plus faible de sa survenue dans une population plus large. Le r\u00e9sultat est-il une r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 par AVC dans la population ?<\/p>\n\n\n\n<p>Qu'est-ce qui compte dans le r\u00e9sultat ? Si nous sommes devenus si bien portants, nous avons peut-\u00eatre souffert d'effets secondaires ou de complications qui auraient pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9s ou qui doivent \u00eatre accept\u00e9s comme in\u00e9vitables. Les avantages de la sant\u00e9 compensent-ils les dommages que l'on a subis ? Dans certains cas, cela peut encore aller. Mais si l'on consid\u00e8re tous les patients trait\u00e9s, nous constatons \u00e0 un moment donn\u00e9 des diff\u00e9rences consid\u00e9rables dans l'efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 des proc\u00e9dures de traitement. M\u00eame si les r\u00e9sultats souhait\u00e9s sont impressionnants, nous commen\u00e7ons \u00e0 nous demander si les risques et les chances sont proportionnels. Nous regardons les effets positifs et notons les inconv\u00e9nients regrettables.<\/p>\n\n\n\n<p>Quel est le r\u00e9sultat de tout cela ? On ne peut pas simplement additionner les cons\u00e9quences pour obtenir un r\u00e9sultat global. Mais alors, quel est \"le\" r\u00e9sultat ? Un m\u00e9lange de positif et de n\u00e9gatif. De toute fa\u00e7on, l'acceptabilit\u00e9 passe au second plan.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent, le r\u00e9sultat ne peut m\u00eame pas \u00eatre lu ou mesur\u00e9. La plupart des traitements m\u00e9dicaux sont en effet des \"processus sp\u00e9ciaux\". Pour comprendre rapidement ce que cela signifie, il suffit d'observer le processus de st\u00e9rilisation. Le r\u00e9sultat de la st\u00e9rilisation est la st\u00e9rilit\u00e9. Mais personne ne peut voir ou toucher la st\u00e9rilit\u00e9 (dans ce cas, ce ne serait plus st\u00e9rile). Tous les processus de diagnostic sont \"sp\u00e9ciaux\" : on ne peut pas voir dans leur r\u00e9sultat s'ils sont bons ou non. Si le processus de mesure est correct et pr\u00e9cis, nous faisons confiance au r\u00e9sultat - mais nous ne pouvons pas \u00e9valuer le r\u00e9sultat.<\/p>\n\n\n\n<p>Un r\u00e9sultat est toujours ce qui s'est produit \u00e0 la fin. De mani\u00e8re na\u00efve, nous voyons dans l'action qui pr\u00e9c\u00e8de la cause du r\u00e9sultat. En m\u00e9decine, personne ne peut dire avec certitude si l'\u00e9v\u00e9nement souhait\u00e9 a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9 par le traitement ou s'il ne se serait peut-\u00eatre pas produit de lui-m\u00eame. On ne peut pas voir la cause du r\u00e9sultat. Le m\u00e9decin et le patient se laissent facilement abuser. Ils tombent dans une diapositive \u00e0 deux.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves nous a sensibilis\u00e9s au scepticisme dont nous devons faire preuve \u00e0 l'\u00e9gard des r\u00e9sultats. Dans les \u00e9tudes, on compte les \u00e9v\u00e9nements - souhait\u00e9s et ind\u00e9sirables. S'il y a plus d'effets souhait\u00e9s et moins d'effets ind\u00e9sirables dans le groupe trait\u00e9 par A que dans le groupe trait\u00e9 par B, alors nous disons que A est plus efficace et plus s\u00fbr que B. Si le groupe trait\u00e9 par B est plus efficace et plus s\u00fbr que A, alors nous disons que A est plus efficace et plus s\u00fbr que B.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne parlons donc pas du tout de r\u00e9sultats dans les essais cliniques. Ce serait tr\u00e8s na\u00eff. Nous testons, dans le cadre d'exp\u00e9riences soigneusement con\u00e7ues, les crit\u00e8res de qualit\u00e9 que sont l'efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 des processus de traitement. Certains se r\u00e9v\u00e8lent extr\u00eamement efficaces et s\u00fbrs (par exemple, les proc\u00e9dures d'anesth\u00e9sie), d'autres efficaces mais peu s\u00fbrs (par exemple, certaines proc\u00e9dures chirurgicales ou la radioth\u00e9rapie), certains tr\u00e8s s\u00fbrs mais pas efficaces. Vous savez d\u00e9j\u00e0 de laquelle je parle).<\/p>\n\n\n\n<p>L'enchantement avec lequel la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats est consid\u00e9r\u00e9e comme la pierre angulaire des modes de qualit\u00e9 est responsable de nombreuses confusions dans la gestion de la qualit\u00e9. On ne peut distinguer les \u00e9v\u00e9nements fortuits des \u00e9v\u00e9nements caus\u00e9s qu'au prix d'efforts consid\u00e9rables. On ne peut g\u00e9n\u00e9ralement pas se passer d'\u00e9tudes cliniques \u00e0 grande \u00e9chelle. Les caract\u00e9ristiques des proc\u00e9dures de traitement doivent \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es et valid\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises. Ce n'est qu'\u00e0 ce moment-l\u00e0 que nos d\u00e9cisions seront un tant soit peu fond\u00e9es sur des preuves.<\/p>\n\n\n\n<p>L'assurance qualit\u00e9 des r\u00e9sultats est frustrante, co\u00fbteuse et inefficace. On l'a abandonn\u00e9e pour la remplacer par la ma\u00eetrise d'un processus v\u00e9rifi\u00e9 et valid\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, oublions la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats. Ce sont les caract\u00e9ristiques de qualit\u00e9 telles que l'efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 du traitement ou la pr\u00e9cision et l'exactitude du diagnostic qui comptent. Les caract\u00e9ristiques des processus diagnostiques et th\u00e9rapeutiques peuvent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es et mesur\u00e9es - la qualit\u00e9 des r\u00e9sultats, non.<\/p>\n\n\n\n<p>Donabedian \u00e9crit en 1988 (<a href=\"#Donabedian1988\">DONABEDIAN 1988<\/a>) : \"\u00c9tant donn\u00e9 qu'une multitude de facteurs influencent le r\u00e9sultat, il est impossible de savoir avec certitude dans quelle mesure un r\u00e9sultat observ\u00e9 est imputable au traitement pr\u00e9c\u00e9dent - m\u00eame si des ajustements exhaustifs sont effectu\u00e9s pour tenir compte des diff\u00e9rences entre les diff\u00e9rents cas. Une confirmation par une \u00e9valuation directe du processus lui-m\u00eame est n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qualit\u00e9 des processus<\/h2>\n\n\n\n<p>Au final, il reste la qualit\u00e9 des processus. L'objet de l'observation dans la gestion de la qualit\u00e9 sont les processus de fabrication - donc, dans les soins m\u00e9dicaux, les processus de traitement - diagnostiques, th\u00e9rapeutiques et de soins. Pour chaque processus, on peut identifier un ensemble de caract\u00e9ristiques qui peuvent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es et mesur\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les caract\u00e9ristiques d'efficacit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 nous renseignent sur la probabilit\u00e9 d'obtenir certains r\u00e9sultats. La configuration des processus d\u00e9termine les ressources indispensables. A partir des processus cl\u00e9s, nous pouvons d\u00e9duire les besoins en processus de soutien et de gestion qui garantissent un d\u00e9roulement efficace et sans perturbation. C'est pourquoi la norme parle d'un \"syst\u00e8me de gestion de la qualit\u00e9 ax\u00e9 sur les processus\" (DIN EN ISO 9001:2015). Tout tourne autour du processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque processus est d'abord soumis \u00e0 des exigences. Le processus est con\u00e7u de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre au mieux aux exigences. La preuve de la performance est \u00e9labor\u00e9e lors du d\u00e9veloppement du produit. Ce n'est qu'ensuite que la performance peut \u00eatre mise en \u0153uvre de mani\u00e8re fiable et efficace dans la routine. La plupart des processus, en tout cas en m\u00e9decine, sont des \"processus sp\u00e9ciaux\", c'est-\u00e0-dire que nous ne pouvons pas lire directement le r\u00e9sultat. Nous avons confiance en l'efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 parce que nous ex\u00e9cutons une conception de processus v\u00e9rifi\u00e9e et valid\u00e9e dans des conditions de ma\u00eetrise du processus.<\/p>\n\n\n\n<p>Les processus de traitement sont toujours destin\u00e9s \u00e0 des patients individuels. Dans cette mesure, la centration sur le patient dit tout et rien. Mais ils sont diff\u00e9remment acceptables pour les patients. Nous connaissons aujourd'hui assez bien les conditions g\u00e9n\u00e9rales d'acceptation des m\u00e9dicaments, des dispositifs m\u00e9dicaux, des prestations m\u00e9dicales et des soins. Nous savons que les caract\u00e9ristiques de l'acceptabilit\u00e9 font assez souvent pencher la balance - la pand\u00e9mie nous l'a rappel\u00e9. L'engagement en faveur d'une approche centr\u00e9e sur le patient devrait nous inciter \u00e0 accorder plus d'attention \u00e0 la caract\u00e9ristique de l'acceptabilit\u00e9 du processus, \u00e0 laquelle Donabedian tenait tant.<\/p>\n\n\n\n<p>Donabedian \u00e9tait clair sur le fait qu'il fallait d'abord montrer comment la structure, le processus et le r\u00e9sultat \u00e9taient r\u00e9ellement li\u00e9s. Il esp\u00e9rait que les sciences de l'organisation, la recherche comportementale et la recherche clinique apporteraient des contributions dans ce sens. Sa triade \"qualit\u00e9 de la structure, du processus et du r\u00e9sultat\" a permis de lancer avec succ\u00e8s l'assurance qualit\u00e9. Aujourd'hui, elle fait obstacle \u00e0 la notion moderne de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h1>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><a id=\"DIN9000\">DIN <\/a>EN ISO 9000:2015-11 Syst\u00e8mes de gestion de la qualit\u00e9 - Principes et d\u00e9finitions Beuth, Berlin<\/li>\n\n\n\n<li><a>DIN<\/a> EN ISO 9001:2015-11 Syst\u00e8mes de gestion de la qualit\u00e9 - Exigences Beuth, Berlin<\/li>\n\n\n\n<li><a id=\"Donabedian\">Donabedian, Avedis (1966)<\/a>: Evaluer la qualit\u00e9 des soins m\u00e9dicaux. In : Milbank Q Milbank Memorial Fund Quarterly Health and Society 44, p. 166-203.<\/li>\n\n\n\n<li><a>Donabedian <\/a>A. (1990) : The seven pillars of quality (Les sept piliers de la qualit\u00e9). Source Abstract. In : Arch Pathol Lab Med. 1990 Nov;114(11):1115-1118<\/li>\n\n\n\n<li>Schiff, Gordon D. Rucker Donald T (2001) : Beyond Structure-Process- Outcome : Donabedian's Seven Pillars and Eleven Buttresses of Quality. In : Journal of Quality Improvement 27 (3), p. 169-174<\/li>\n\n\n\n<li><a>Sens<\/a>Brigitte, Barbara Pietsch, Burkhard Fischer, Dieter Hart, Heike Kahla-Witzsch, Vere-na L\u00fchrs, Monika Nothacker, Ulrich Paschen, Sabine Rath, Susanne Rode, Kyra Schneider, Matthias Schrappe Termes et concepts de la gestion de la qualit\u00e9 - 4e \u00e9dition, une publication du GMDS et du GQMG<\/li>\n\n\n\n<li><a id=\"Riessen\">Riessen<\/a> Reimer et al. pour l'Association allemande interdisciplinaire de m\u00e9decine intensive et d'urgence (DIVI) : Positionspapier f\u00fcr eine Reform der medizinischen Notfallversorgung in Deutschland (2014), consult\u00e9 en ligne le 2018-07-19 sur https:\/\/www.divi.de\/empfehlungen\/publikationen\/notfallmedizin\/381-positionspapier-fuer-eine-reform-der-med-notfallversorgung-in-deutschland\/file<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Auteur : Dr Ulrich Paschen QM elektronische post - Contributions aux bonnes pratiques en m\u00e9decine et en sciences Envoi 20 Fahrdorf, le 22 mai 2018 Reproduction autoris\u00e9e avec mention de la source et remise d'un exemplaire justificatif.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La conviction selon laquelle AVEDIS DONABEDIAN a distingu\u00e9 trois types de qualit\u00e9 dans l'\u00e9valuation des soins de sant\u00e9 reste intacte. Nous expliquons ici pourquoi nous devrions rejeter la triade qualit\u00e9 structurelle, qualit\u00e9 des processus et qualit\u00e9 des r\u00e9sultats. Elle n'est pas compatible avec la notion professionnelle de qualit\u00e9.<\/p>","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-14211","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sonstiges","no-post-thumbnail"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14211","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14211"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14211\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14239,"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14211\/revisions\/14239"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/gutehospitalpraxis.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}